Guinée : Alpha Condé, président déchu, autorisé à quitter le pays pour raison médicale
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L’ex-président guinéen Alpha Condé, le 7 novembre 2020. Il a été renversé par un coup d’Etat militaire en septembre 2021.

L’ex-président de la Guinée, Alpha Condé, 83 ans, renversé par un coup d’Etat militaire le 5 septembre, a été autorisé, vendredi 31 décembre, à quitter le pays pour des examens médicaux. « En concertation avec la Cédéao [la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest], l’ancien président Alpha Condé est autorisé à aller se faire consulter à l’extérieur pour une période d’un mois », explique un communiqué du gouvernement lu vendredi soir à la télévision publique. La date de son départ n’a pas été précisée.

 La libération de M. Condé fait partie des exigences de la Cédéao, avec la tenue d’élections dans les six mois. L’organisation a suspendu la Guinée de ses instances et sanctionné individuellement les membres de la junte dirigée par le colonel Mamadi Doumbouya, qui s’est fait investir président de transition.

M. Condé, à la tête du pays pendant près de onze ans, a été mis au secret pendant douze semaines, jusqu’à ce que la junte l’autorise à résider chez son épouse, dans la banlieue de Conakry. Le pouvoir n’avait pas précisé si ce séjour était assorti de restrictions, mais, selon la presse, il est en résidence surveillée.

 Un coup d’Etat bien accueilli par la population

La junte avait affirmé dans un communiqué le 17 septembre qu’Alpha Condé « est et demeurera en Guinée ». Le Comité national du rassemblement pour le développement, qui a pris la direction du pays après le putsch, « continuera à assurer à l’ancien chef de l’Etat un

traitement digne de son rang, et ceci sans aucune pression nationale et internationale », disait le communiqué.

 

Les Guinéens, exaspérés par la pauvreté, la corruption et la répression, ont globalement bien accueilli le coup d’Etat. Le colonel Doumbouya a promis de rendre le pouvoir aux civils après des élections dont la date reste inconnue.

 

M. Condé avait fait adopter par référendum en mars 2020 une nouvelle Constitution et invoqué ce changement de loi fondamentale pour se représenter après deux mandats, malgré des mois de contestation réprimée dans le sang. Sa réélection en octobre 2020, vigoureusement contestée par l’opposition, avait été précédée et suivie par des dizaines d’arrestations.

CAROL VALADE / AFP