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Le directeur de publication de L’Indépendant-Le Démocrate, Mamadou Dian Baldé a consacré sa chronique de ce  dimanche, à la scène que le chef de l’État a faite aux médias, à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, ce 3 mai. La saillie de Mamady Youla contre le monde syndical est aussi le second point abordé dans cette chronique. Chronique qui vous est  servie tous les dimanches sur City fm, en avant-première de l’émission « A vous de convaincre ».  

 

Talibé Barry: Bonjour Mamadou Dian, vous faites cas dans votre chronique de ce matin, de la colère du président de la République à l’encontre de la presse, qui selon Alpha Condé contribuerait plutôt à écorner l’image de son pays. Et vous intitulez votre chronique « les coups de boutoir d’Alpha Condé » ?

 

Mamadou Dian Baldé: Pour sa première visite à la Maison de la presse, à l’occasion  de la commémoration de la Journée mondiale de la liberté de la presse ce 3 mai, Alpha Condé a fait passer un mauvais quart d’heure aux professionnels des médias, qui s’étaient fortement mobilisés pour célébrer cette Journée.

On a eu l’impression que les patrons des associations de presse ne savaient pas où donner de la tête face aux coups de boutoir du président de la République contre les médias privés, qu’il a accusés de tous les péchés d’Israël. Ils ont d’ailleurs fini par donner leur langue au chat.

 

C'est le cri d'alarme de Reporters sans frontières (Rsf) sur l'état de la presse guinéenne, qui a fait sortir le chef de l'État de ses gonds. La Guinée ayant régressé de 3 points, dans le classement établi dans le dernier rapport paru la veille de cette commémoration. Passant de la 101e  place à la 104e  place. Sous l'emprise de la colère, et comme il fallait s'y attendre, Alpha Condé a assené des piques à l'encontre des journalistes de la presse.

 

 « Je pense que vous ne contribuez pas à améliorer l'image de la Guinée », a lancé le président aux journalistes. Le ton était sec et empreint de fermeté. Puis dans la même lancée, le chef de l’État a regretté que tous les efforts consentis par son gouvernement en faveur de la presse depuis 2011 soient gardés sous le boisseau. Et le chef de l'État qui avait là, sans doute, une ultime occasion de prendre les médias en grippe, a trouvé en eux les boucs émissaires idéaux, pour endosser la responsabilité de cette chute de son pays dans le classement du rapport de Rsf. Menaçant  de but en blanc, de serrer la vis à la presse en guise de punition. 

 

Alpha Condé n'a pas manqué de relever que ce classement aura des effets induits sur le plan économique. Vu que cela pourrait compromettre l'éligibilité de notre pays au Millenium challenge corporation (MCC), une initiative de l'administration américaine, dont les bénéficiaires touchent un fonds de près de 500 millions de dollars US. Une aide non remboursable.

 

Pour décrocher la timbale, la ‘’bonne gouvernance dans la gestion des affaires publiques’’ est un des critères non négociables.

 

Au lieu donc de s'en prendre à la presse, le président devrait plutôt s'interroger sur sa gouvernance. Quand lui-même reconnaît que ses ministres pompent les deniers publics. A cela s'ajoute ces crises politiques à la pelle, et une presse reléguée au rang de « paria ». Les journalistes étant considérés comme de simples  bras cassés.

 

Et comme l'a dit René de Chateaubriand « plus vous prétendez comprimer la presse, plus l'explosion sera forte. Il faut donc vous résoudre à vivre avec elle. »

 

Pour finir, je dirai que le pouvoir devrait plutôt savoir raison garder, que d'adopter une posture de défiance vis à vis des médias. S'il veut ripoliner son image. 

 

Le Baroud d'honneur de Mamady Youla

 

Après ce clash entre le  président et les médias, vous faites un tour du côté de la Primature, où la sortie de Mamady Youla, ce 1 mai vous paraît comme étant « un baroud d’honneur », pour cet homme dont le départ a été annoncé, à la faveur du prochain remaniement ministériel. 

En refusant de serrer la main au leader syndical, Aboubacar Soumah, tout en tançant les milieux syndicaux, qui continuent d'être empêtrés dans leur contradiction, le Premier ministre sort des clous. Ce 1er  mai, à l'occasion de la célébration de la Fête internationale du travail, Mamady Youla, a sans doute voulu rompre avec son image d'homme flegmatique. Pour enfin montrer les griffes. 

 

Il n'a pas eu recours à des gants, pour dire tout le mal qu'il pense du monde syndical. Un monde où ‘’l'anarchie et l'indiscipline’’ semblent avoir pris le dessus. Ce que flétrit Mamady Youla.

 

Les paroles enflammées du Premier ministre sont interprétées comme étant une sorte de baroud d'honneur d'un homme qui se trouve sur un siège éjectable. Même si le président continue de jouer l'Arlésienne autour du remaniement ministériel annoncé depuis maintenant deux mois.

Côté bilan du PM, la population est plutôt sévère avec le locataire du palais de la colombe. Allant jusqu'à préférer le passage de son prédécesseur, Mohamed Saïd Fofana. 

 

À ce niveau, seul le chef de l'État peut trancher. Lui, dont l'hyper-présidence ‘’affaiblit le rôle des ministres et du Premier ministre.’’

 

En attendant de le voir dégommé, on ne sent aucune fébrilité chez ce Premier ministre dont la nomination en février 2016, avait surpris certains observateurs. Car si Youla était un homme du sérail, dans le  système financier guinéen, pour avoir été conseiller du ministre des Mines Facinet Fofana, à la belle époque, vers la fin des années 90, pour l'opinion, cependant, il n'était qu'un illustre inconnu. Monsieur tout le monde, qui a été parachuté au-devant de la scène. Un remake du scénario de nomination de Mohamed Saïd Fofana.

 

Aboubacar Soumah, le vilain petit canard du monde syndical

 

Bien qu’étant le mal aimé du monde syndical, Aboubacar Soumah pour vous Mamadou Dian, bénéficie en ce moment d’un vent favorable, contrairement à ses challengers, qui le vouent aux gémonies ?   

 

Le secrétaire général du syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (Slecg), Aboubacar Soumah, bête noire du gouvernement, n'est toujours pas en odeur de sainteté avec ses camarades Louis M'bemba Soumah et Dr Sy Savané. Du côté de la Cntg d'Amadou Diallo non plus, Soumah n'aurait pas droit de cité. Ces doyens du monde syndical ne pardonnent pas en effet, à Aboubacar Soumah, qui n'était qu'un second couteau du slecg, d'avoir réussi à les ringardiser. Et d'avoir fait plier par ricochet le gouvernement dans ce qui avait l'air d'un combat de David et Goliath. Dorénavant, Soumah passe pour la figure de proue du monde syndical guinéen. Devenant ainsi la coqueluche des médias, qui lui courent après, pour quémander des interviews.

 

Le pouvoir et les autres leaders ont beau se coaliser contre cet homme austère, dans le but de l'isoler, et de le mettre hors-jeu, leurs tentatives sont restées pour le moment vaines.

 

Le vilain petit canard tient droit dans ses bottes, et agite de nouveau le chiffon rouge.