Lisan(Kindia) : Conflit entre éleveur et les gardes forestiers, bilan 15 cases brulées et leurs contenues …
Imprimer
Affichages : 708

Note utilisateur: 5 / 5

Etoiles activesEtoiles activesEtoiles activesEtoiles activesEtoiles actives
 

Le 29 Juin dernier à Linsan dans la région de Kindia, les éleveurs de la localité de Tonnêta ont été victime d’une attaque brusque des conservateurs de la nature de Kindia, bilan 15 Cases brulées et une importante somme d’argent emportée.  Fodé Sow  habiant de Linsa, a été joint au téléphone par nos confrères de la radio lynx Fm, a narré les faits. Lisez      

Bonjour M. Sow !  Expliquez-nous c’est qui s’est passé le Samedi, 29 Juin 2019 dans votre village. 

« C’est qui s’est passé était un peu surprenant, les causes étaient que Comme vous le savez, Tonnêta est un secteur qui relève de district de Tafori, il y a une forêt communautaire qui est là, les éleveurs habitent à côté ; Pendant la saison sèche, il y a eu feu de brousse qui a ravagé une grande partie de la cette forêt, ils ont demandé à ce que ces éleveurs quittent le lieu. Un certain nommé Karamoko Facinet et Morlaye et autres personnes sont allés rencontrer les agents de l’ECO4 de Kindia pour venir déguerpir ces éleveurs.

Le chef secteur n’a pas été informé, c’est le chef section adjoint de la forêt communautaire de Kindia qui a conduit une équipe des agents de ECO-garde qui sont descendus sur le lieu, ils sont passés à la sous-préfecture, ils ont présenté leur ordre de mission à M. le Sous-préfet.

M. le sous-préfet fait le constat, de ce qui est écrit dans leur ordre de mission, c’était que ; « Visite pépinière par la police forestière », mais le maire n’était pas informé, de cette plainte de ces personnes du secteur de Tafori.

Je vous dis personne n’a été informé, ni le préfet, ni le maire ni le président de district, ils sont allés saisir la direction préfectorale. Le chef section adjoint s’est permis de prendre des agents au nombre de 12 personnes, descendre sur le terrain. Et ils n’ont pas aussi accepté les conseils de M. le sous-préfet d’aller faire seulement le constat et revenir. Ils sont allés faire de répression, ils ont brulé 15 cases et une somme importante d’argent emportée, menacé de morts les éleveurs.

Il faut noter que le traumatisme de la communauté est très élevé.

Les forces de sécurité n’arrive pas à mettre main sur le chef secteur qui est l’un des acteurs en cavale. Ce que nous avons beaucoup salué, c’est le travail des agents de sécurité à l’occurrence le commandant de la gendarmerie de Linsan.  Après avoir reçu l’information, ils ont dépêché des agents, ils ont arrêté quelques personnes au nombre de 8. Aujourd’hui, ils doivent être déféré à Kindia pour répondre à leur forfaiture devant les autorités judiciaires.

Ce qu’il faut rappeler ici, il y a des problèmes qui subsistent, entre les deux communautés : éleveurs peulhs, et les soussous, c’est des gens qui vivent ensemble près de 100 ans. Si aujourd’hui, la communauté soussou dit que la communauté peulhs est étrangère à cet endroit, et qu’elle doit quitter, c’est vraiment étonnant. Où est l’humanisme ? Où est cette fraternité religieuse qui les a unis depuis le 7ème siècle ? Il faut qu’on arrête cela, nous sommes des frères ne serait-ce que par la religion qui dit que tous les musulmans sont des frères.     

Une des victimes de cette incendie avait eu des problèmes entre lui et ceux de Yalaya,Yalaya  est un district voisin de disctrict Siminiya. Et Siminiya est majoritairement peulh.   Pendant le mois de ramadan il y a eu un problème par rapport à un champ  

Le président de district de Siminiya, Modi Issaga est allé défricher un champ, par contre un groupe de la localité vient dire : « Non ! cette terre nous appartient, vous ne devrez pas travailler ici, la terre nous appartient, c’est pour nous. »  Le maire informé, les autorités locales et les autorités religieuses des quatre district c’est : Linsan, Souguéta,  Yalaya et dabaya, ils se sont réunis là-bas, pour trouver une solution, mais après tout, qu’est-ce qu’ils ont dit ? Que le champ n’appartient pas à modi Issaga, il n’appartient à un Monsieur de Yalaya qui s’appelle Tata Ibrahima. Modi Issaga n’ayant aucun recours a perdu.

Qu’est ce qui est surprenant, on revient dire à Modi Issaga : « Si vous voulez avoir votre champ, il faut donner deux têtes de Bœufs. » Nous sommes dans quel monde ? C’est plus que grave ; ce que je sollicite auprès de l’autorité surtout au gouvernement, c’est de prendre au sérieux cette situation parce qu’à la longue nous risquons de vivre quelques choses qu’on ne souhaite pas, ici la communauté peulh n’a pas de paix de cœur ni d’esprit parce qu’elle se sente menacer.

Et pour revenir : Modi Issaga qui a perdu son champ devant les autorités locales, religieuses de tout Sannou, Son père a vécu dans cette localité pendant 82 ans, à sa mort, Modi Issaga n’avait que 2 ans, et depuis qu’il est décédé, cela fait 40 ans aujourd’hui. A ce jour on dit à Modi Issaga et à sa famille : « Vous êtes des étrangers vous n’avez pas le droit…ici »

Plus grave encore, les gens de Yalaya demandent à ceux de walya.

(Walya est un district habité par les peulhs) De les rendre leur village (walya ndlr) et leur portion de terre, parce c’est eux qui les ont reçus à Siminya.  Nous sommes dans quel monde, il très difficile de vivre dans un endroit pendant 100 ans ou plus et après on te dit : « tu es étranger, tu dois quitter » comme si les autres ne sont pas des guinéennes.

Alors il est temps que les autorités nationales et internationales s’est saisissent de cette situation pour prévenir un autre conflit qu’on ne pourra pas contrôler dans cette localité. »

Transcrit par Oumou Koultoumi Bah