A Siguiri : une femme aspergée d’acide en pleine visage par son rival.
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Antoinette Soumaoro a été agressée le 10 novembre 2021 à son domicile à Siguiri par Christine Koulémou, une maîtresse de son mari. Mère de deux enfants, Antoinette a perdu la vue, elle est actuellement sur le point d’être évacuée en Tunisie pour les soins. Son bourreau quant à elle croupit en prison à Siguiri. Interrogé sur le sujet par notre rédaction, la victime raconte la chaîne…        

« Cette fille Christine Koulémou sortait avec mon mari. L’année passée mon mari m’a dit qu’il doit partir au village pour la fête. Je dis, ok ! il faut y aller. A son retour, je lui ai demandé ‘’où est ton téléphone ?’’, il m’a dit qu’il a donné son téléphone à son petit. La nuit, je me suis connectée, la fille a publié toutes les photos qu’ils ont prises ensemble au village. J’ai demandé à mon mari. 

-La fille là est qui pour toi. Il n’a pas parlé. Il m’a dit que Christine Koulémou est une copine de longue date. Je n’ai rien dit. Depuis ce jour la fille rentre dans mon compte, elle m’insulte tous les jours, elle m’envoie des messages injurieux. Quand je montre les messages à mon mari, sa réponse a toujours été ceci ‘’laisse la fille là, ce n’est pas elle, c’est des gens qui font ça’’. J’ai dit, ok ! il n’y a pas de problèmes.

J’ai expliqué à mes amis, celles-ci m’ont conseillé de laisser la fille puisque mon mari connait le problème et il n’en parle pas. Mes amis m’ont conseillé de ne pas faire de problèmes.

Parfois, mon mari peut me laisser à la maison, il va à Siguiri pour deux (2) à trois (3) semaines. La fille était installée à Kindia, il l’a déménagé à Léro, son lieu de travail. Un jour à 2 heures du matin, pendant qu’on était couché, Christine Koulémou a appelé mon mari. J’ai dit ce que tu fais là n’est pas bon. Il faut éteindre ton téléphone, il fait tard. Il n’a pas voulu, la fille a rappelé encore. J’ai pris le téléphone et j’ai décroché, je l’ai insulté proprement. Il m’a retiré le téléphone.

Très tôt le matin, il a pris sa moto, il est parti à Siguiri. Il a fait une semaine là-bas. Un dimanche matin, Christine Koulémou a utilisé le téléphone de mon mari, elle m’a envoyé

un message ou elle m’a insulté proprement. J’ai appelé mon mari, j’ai dit : qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ces injures-là ? je dis il y a quoi ? pourquoi tu t'es insulté. Il m’a dit attend moi j’arrive là-bas. Quand il est venu, je lui ai montré le message. Il m’a dit : … quand je me déplace, tous les jours c’est les faux problèmes, c’est pourquoi je t’ai insulté. Je dis : Ah ! tu m’as insulté et tu as insulté ma mère, qu’est-ce que je te fais réellement pour mériter cela ? Il n’a pas dit la vérité, je n’ai rien dit. Il me quitte parfois pour aller faire deux semaines ou trois, je ne dis rien, je fais mon petit commerce.

Un jour Christine a pris la décision de me retrouver. Elle est venue à l’endroit où je fais mon petit commerce, ma copine qui prépare le riz, une femme peulh a constaté pendant trois jours sa présence là-bas,  chaque 18 heures à 20 heures,  habillée en voile noire. Par curiosité ma copine lui a demandé ce qu’elle cherche, elle dit : ‘’j’attends quelqu’un ici, il y a mon grand qui m’a dit de l’entendre ici’’. Le 4ème jour elle est encore venue. Ce jour-là, à cause de la pluie je n’ai pas pu sortir. Je suis resté à la maison avec ma fille et mon bébé. 

Christine est venue à la maison, elle demande à ma fille ‘’où est ta sœur ?’’ ; celle-ci a répondu ; elle est couchée à la maison, ma fille lui a demandé ce qu’y avait, elle dit ‘’non ! j’ai quelque chose pour elle’’. C’est ainsi qu’elle est rentrée, moi j’étais au lit, le bébé était en train de téter ; au moment de me lever et demandé qui est-ce, elle devant moi, elle m’a aspergé l’acide sur mon visage. Je l’ai attrapé, elle a sorti un couteau, j’ai attrapé sa main, elle m’a tiré jusqu’au dehors, autant que les voisins viennent au secours elle a fui. Le lendemain de notre controverse, elle a été arrêtée et conduite à la gendarmerie de Léro après on l’a transférée à la gendarmerie de Siguiri, actuelle elle s’y trouve. Après on a envoyé à l’hôpital de Léro, on a lavé mes yeux, après on nous a dit d’aller à Kankan pour faire le reste des soins ; on a fait 3 jours à Kankan, ceux-ci nous dit de venir à Conakry, maintenant à la clinique Bartlett, on nous dit qu’ils ne peuvent pas faire le traitement parce qu’il s’agit de transplantation de membrane aloétique, c’est une sorte d’opération, sous forme de greffage et que cela ne se fait pas ici en guinée, c’est soit au Maroc ou l’Espagne. Compte tenu du coût, nous avons opté pour le Maroc, mais là aussi nous rencontrons des difficultés finalement, c’est la Tunisie qui est maintenue. Le frais de soins et le transport est de 142.000.000 millions », a-t-elle raconté.  

Le père de la victime M. Soumaoré interrogé sur le sujet indique : « On a dit aux parents de Christine Koulémou de contribuer, ils ont envoyé 15 millions, c’est presque insignifiant par rapport à 142 millions. Ils n’ont même pas donné la moitié ; heureusement on a presque obtenu l’argent.

Nous demandons aux autorités de rendre justice à qui de droit. Aux personnes de bonne volonté de venir au secours autant que possible, parce que cela peut arriver à n’importe qui comme cela nous est arrivé, donc en le faisant, c’est aidé en quelque sorte un citoyen de la nation, c’est aidé une mère. Voici un numéro pour les bonnes volontés, qui souhaitent apporter un soutien moral ou financier. 626 94 05 25 »

Entretien réalisé par Amadou Sadjo et Alpha Amadou Diallo