Procès en appel d'Amadou Damaro Camara : un renvoi qui relance le débat sur l'impartialité judiciaire
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Le procès en appel de l'ex-président de l'Assemblée nationale, Amadou Damaro Camara, et de ses coaccusés s'est ouvert le 4 février 2025 devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF). Un début d'audience marqué par un vif débat sur l'impartialité du juge en charge du dossier, conduisant à un renvoi.

Condamné en décembre 2024 à quatre ans de prison et une amende de 10 millions de francs guinéens pour détournement de fonds publics et corruption, Amadou Damaro Camara est rejugé aux côtés de Michel Kamano et de l'homme d'affaires chinois Sun Jun Cheng. Kamano a été condamné à cinq ans de prison et une amende de 4 milliards de francs guinéens, tandis que Sun Jun Cheng a écopé d'un an de prison avec sursis et d'une amende de 10 millions de francs.

Un juge contesté

Dès l'ouverture de l'audience, le procureur spécial Aly Touré a remis en cause la légitimité du juge Francis Kova Zoumanigui pour présider l'appel, arguant qu'il avait déjà été impliqué en première instance, même sans avoir rendu de décision. La défense de Camara a contesté cette objection, soutenant que le magistrat n'avait jamais statué sur le fond du dossier.

Face à ces tensions, la Cour a suspendu l'audience avant d'annoncer le renvoi du procès. La composition du tribunal sera modifiée afin de garantir un procès conforme aux principes d'équité et d'impartialité. La prochaine audience est fixée au 20 février 2025.

Des absences remarquées

L'homme d'affaires Sun Jun Cheng était absent à l'audience. Son avocat a indiqué qu'il n'avait pas reçu de convocation. Quant à Michel Kamano, son sort judiciaire reste incertain, notamment sur la question d'un éventuel appel de sa condamnation.

Ce procès, suivi de près en Guinée, illustre les tensions entre justice et politique dans un pays en pleine lutte contre la corruption. Le renvoi de l'affaire soulève des interrogations sur l'impartialité du système judiciaire et pourrait influer sur l'avenir des grandes affaires de corruption en cours.

Algassimou L Diallo