Rapatriés de force : le sort des Guinéens d’Égypte après leur arrestation
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Trois membres du Conseil des Guinéens d’Égypte ont retrouvé leur terre natale, non par choix, mais par obligation. Arrêtés par la police égyptienne pour s’être exprimés sur des sujets politiques jugés sensibles, Abdoulaye Sow, président du Conseil, ainsi que Lansana Diakité et Bademba Barry, respectivement 3ᵉ secrétaire aux affaires sociales et 3ᵉ secrétaire aux conflits, ont été expulsés vers la Guinée.

À leur arrivée à Conakry, c’est un sentiment partagé entre soulagement et incertitude qui se lisait sur leurs visages. Accueillis par les autorités diplomatiques guinéennes, ils ont immédiatement été reçus par le ministre des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté. « Tant que vous êtes libres, on peut négocier et faire certaines choses. Mais une fois que vous avez perdu votre liberté, ça devient une urgence d’État », leur a-t-il lancé d’un ton grave.

Abdoulaye Sow a tenu à exprimer sa reconnaissance au chef de l’État, le général Mamadi Doumbouya, pour son implication dans leur libération. « Nous sommes venus ici pour remercier Son Excellence M. le Président et M. le ministre des Affaires étrangères pour leurs efforts dans notre retour au pays », a-t-il déclaré, encore marqué par son expérience carcérale en Égypte.

Si leur retour forcé en Guinée marque la fin de leur détention, l’avenir de ces représentants de la diaspora reste incertain. Le ministre Kouyaté leur a toutefois assuré que des démarches diplomatiques pourraient être entreprises pour leur permettre de retourner en Égypte, s’ils le souhaitent. « Vous devenez des professeurs pour les autres », leur a-t-il dit, insistant sur l’importance de la prudence dans les prises de parole à l’étranger.

Avant toute nouvelle étape, la première consigne du chef de la diplomatie guinéenne est claire : exprimer leur gratitude à l’ambassadeur d’Égypte en Guinée, l’homme à qui il avait confié leur libération.

Derrière ces discours officiels, une réalité demeure : l’expression politique à l’étranger peut parfois se payer au prix fort, et ces trois Guinéens en ont fait l’amère expérience.

Aziz Camara