Conakry : vaste opération de fouille à la Maison centrale, plus de 100 téléphones saisis
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La lutte contre l'introduction d'objets interdits à la Maison centrale de Conakry prend une nouvelle ampleur. Sous l'impulsion du ministre de la Justice et des Droits de l'Homme, Yaya Kaïraba Kaba, l'administration pénitentiaire a intensifié les opérations de fouille, aboutissant à la saisie de plus de 100 téléphones portables et d'autres objets prohibés.

Une offensive pour restaurer l'ordre

Depuis sa nomination le 10 février 2025, le lieutenant Moriba Sylla, nouveau régisseur de la prison, a instauré des mesures strictes pour renforcer la discipline. Dès son entrée en fonction, il a ordonné des fouilles systématiques qui ont permis de mettre au jour un arsenal d'objets interdits en circulation parmi les détenus.

Les résultats de ces opérations sont éloquents :

Les investigations ne se sont pas limitées aux cellules. Des fouilles ont également été menées dans les structures sanitaires de la prison, où plusieurs téléphones ont été retrouvés, laissant planer des soupçons sur un réseau bien organisé.

Des complicités internes en question

Pour le lieutenant Sylla, l'ampleur du phénomène ne peut s'expliquer sans la participation de certains membres du personnel. « Les détenus ne peuvent pas quitter leur cellule pour acheter des téléphones. Il y a forcément des complicités internes », a-t-il dénoncé.

Face à cette situation, des mesures disciplinaires sont à l'étude. Parmi elles, la rotation du personnel pénitentiaire est envisagée afin d'éviter le développement de complicités sur le long terme. « Certains agents sont en poste depuis des années et ont tissé des liens avec les détenus. Une permutation permettrait de mieux contrôler la situation », estime le régisseur.

Des sanctions renforcées

L'administration pénitentiaire entend durcir les sanctions pour dissuader toute tentative d'introduction d'objets interdits. Désormais, tout détenu pris en possession d'un objet prohibé fera l'objet de sanctions graduelles, pouvant aller jusqu'à la privation partielle de certains droits.

Dans un contexte où la gestion des prisons en Guinée reste un défi majeur, ces mesures visent à restaurer l'ordre et à renforcer la sécurité carcérale. Reste à voir si elles seront suffisantes pour enrayer durablement ce fléau.

Saliou Keita