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Le ministre de la Communication, Amara Somparé répondait aux questions de nos confrères de Djigui Fm le mardi, 03 mars 2020. Dans cet entretien, il salue la décision du président de la République reportant les élections législatives couplées au référendum.

M. Somparé, bonjour !  Vous étiez sur le front des élections engagées aux côtés de votre parti le RPG arc-en-ciel pour sa victoire à ces élections qui ont été reportées. Vous étiez à Boké très précisément. Comment vous avez accueilli cette décision du président de la République de reporter ces élections ?

 Le report de la date de l’élection a suscité quelques déceptions dans nos rangs cela est indéniable, mais au-delà de cette déception, de quelques frustrations, ce qu’il faut garder à l’esprit c’est les motivations profondes qui a amené le chef de l’Etat à souhaiter ce report léger. Je pense que ce sont des motivations qui sont nobles et qui sont tout à fait républicaines et qui s’inscrivent parfaitement dans l’axe que la Guinée à toujours défendue depuis qu’elle est indépendante en 1958 : c’est-à-dire le panafricanisme, le maintien des relations de collaborations et de partenariats avec les pays Africains de la CEDEAO et de l’Union Africaine.

 Mais ce n’était pas le discours qui était le vôtre avant cette décision qui a été prise par le président de la République, on se souvient de l’annonce de l’annulation d’une mission de la CEDEAO à Conakry le pouvoir est bien évidemment très hostile à une ingérence quel que soit la nature de l’extérieur dans l’organisation des élections en République en Guinée, ça été exprimé dans les termes les plus virulents

 Non ! Hostilité est un grand mot, ce que je peux vous dire, c’est que c’est un pays souverain, cela a été toujours rappelé.

 c’est difficile que vous nous parler de souveraineté après que le président ait reculé devant la pression de la communauté Internationale ?

 Ce n’est pas du tout une reculade, ça je vous laisse la responsabilité de ce propos. L’objectif du chef de l’Etat c’est d’organiser une élection crédible qui puisse être accepté par tous, et si pour cela il faut démontrer à nos partenaires historiques que nous n’avons aucune velléité de truquer les résultats de ces élections, je pense que cela n’est pas un signe de faiblesse, bien au contraire c’est une volonté manifeste de démontrer toute notre transparence et de démontrer la volonté du gouvernement de la République d’organiser des élections crédibles et transparentes.

 Comment pouvez-vous expliquer M. le ministre que les partis qui ont récusés le fichier électoral ne reviennent pas, je veux être conforme au discours du président de la République ?

 Tout est parti d’abord du rapport de l’OIF qui a émis un certain nombre d’observation concernant notre fichier électoral, et s’il est possible de qualifier ce fichier à l’espace de q

uelques jours pour améliorer sa constitution pourquoi pas ? En ce qui concerne la présence ou non des partis d’opposition que vous avez cités. Ecoutez, lorsqu’on crée un parti politique, c’est pour conquérir le pouvoir. Si ces partis ont décidé de leurs propres chefs de ne pas participer à cette élection, c’est leur droit le plus absolu.

 Ça veut dire qu’à l’issus de l’assainissement de ce fichier électoral la porte est bien ouverte aux partis d’oppositions qui ont boudés et qui ont récusé le fichier ?

 Non ce n’est pas ce que je vous ai dit ; je vous ai dit que ces partis-là sont libres de ne pas prendre part au processus. Donc le processus est déjà engagé, le train a quitté le quai, il serait très difficile de revenir sur cette situation-là.

 M. le ministre, l’OIF et la Communauté internationale ont demandé l’organisation des élections inclusives. Ce qui voudrait dire qu’il faut permettre aux autres partis de revenir. Comment se fait-il que vous qui avez cédé face à la pression de la même communauté internationale vous voulez résister quand cette même communauté internationale vous demande que ces partis puissent revenir dans la compétition ?

 Pourquoi voulez-vous coûte que coûte faire passer l’idée que c’est du fait d’avoir cédé à la pression, je comprends vos propos depuis le départ. Ce qui est sûr, la Guinée appartient à des ensembles sous-régionaux et continentaux, la Guinée a toujours a été leader du panafricanisme, la Guinée a toujours été un pays de référence sur le continent africain. Il est difficile de pouvoir évoluer sans l’accompagnement, le soutient de nos partenaires Africains, j’insiste là-dessus. Donc, ce n’est pas une reculade, ce n’est pas cédé à la pression, c’est tout simplement tenir compte de nos valeur profondes, tenir compte de notre histoire républicaine et partager avec nos partenaires la conviction sur l’organisation de ces élections. Mais pour les restes ce sont des commentaires sur lesquels je ne vais pas m’étendre.

 Est-ce que vous n’auriez pas dû faire l’économie de ce temps perdu si vous aviez par exemple écouté l’opposition dès le début qui a critiqué ce fichier qui est mise en cause aujourd’hui. Est-ce que vous le regrettez ?

 La gestion du fichier est de la responsabilité de la CENI, le président a demandé un léger report pour permettre à la CENI de travailler avec des experts de la CEDEAO qui doit très prochainement arriver à Conakry, ce n’est pas le président de la République qui va travailler sur le fichier, c’est la CENI, donc le fichier reste sous la responsabilité de la CENI. Ne me fait pas dire ce que je n’ai pas dit, la demande du report, elle est du chef de l’Etat, maintenant il appartient à la CENI de prendre attache avec la cour constitutionnelle pour proposer une nouvelle date en tenant compte des exigences qui ont été exprimés par le chef de l’Etat.

 Entretien transcrit par Alpha Amadou Diallo