Arrestations de citoyens en marge des manifs : Le collectif des avocats de l'ANAD et de l'UFDG promet d'être aux côté des interpelés
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Au lendemain de la présidentielle du 18 octobre dernier, plusieurs citoyens de Conakry et de l'intérieur du pays sont arrêtés et emprisonnés, suite aux manifestations nées de la contestation des résultats donnant Alpha Condé vainqueur pour un troisième mandat. La plupart de ces personnes arrêtées se trouvaient dans leurs concessions au moment où, les agents des forces de l'ordre mettaient main sur eux et n'ont sur les lieux de manifestation. Aujourd'hui incarcérés à la maison centrale de Conakry, nombreux sont des citoyens qui s'interrogent sur le sort réservé à ces détenus.

Interpellé sur la question lors d'une conférence de presse animée, le jeudi 19 novembre, à la maison de la presse, par le collectif des avocats de la défense de l'UFDG et de l'ANAD, Me Mohamed Traoré a fait comprendre que ces citoyens ne sont pas abandonnés à eux-mêmes et que les avocats de la défense feront de leur mieux malgré les difficultés qu’ils croisent.

« Il y a des dispositions qui sont en cours dans ce sens. Nous avons un certain nombre de nos confrères qui s'intéressent à ce dossier. Il ne faudra pas que l'opinion ait l'impression que le collectif des avocats de la défense est en branle que lorsqu'il s'agit des personnalités en vue. Ce ne sont pas des citoyens qui sont abandonnés à eux-mêmes. Ce serait injuste de les abandonner à leurs tristes sorts. La seule difficulté que nous avons, le nombre d'arrestation est tellement élevé, parfois, on organise des procès sans que nous en soyons informé. Ce qui fait que nous avons du mal à leur apporter notre assistance. Nous allons nous intéresser davantage pour ne pas que ces citoyens parfois démunis se sentent abandonné. Il va du respect de leur droit, il va de la consolidation de l'État de droit. Encore une fois, ce n'est pas facile parce que les arrestations sont en cours même à l'intérieur du pays. Souvent nous nous déplaçons à nos frais comme nous l'avons toujours fait, mais nous comptons apporter notre assistance en tant qu'avocat à toutes les personnes arrêtées injustement et irrégulièrement », martèle-t-il.

L’avocat rappelle que les circonstances dans lesquelles ces citoyens ont été arrêtés, et souligne que les travaux sont en cours avec le doyen des juges d'instruction pour le rapatriement des détenus vers leurs juridictions respectives.

« Nous sommes actuellement en contact avec le doyen des juges d'instruction par rapport à ces plus de 350 personnes interpellées çà et là et de Hamdallaye à Kagbelen. Le plus souvent c'est dans les environs de 00 heure à 02 heures du matin que les agents de force de l'ordre descendent dans les quartiers, escaladent les murs, défoncent les portes et fenêtres et saccagent tout ce qu'ils trouvent en procédant à l'interpellation des personnes qui y habitent. Le plus souvent après leur passage on constate des blessés, des personnes torturées, violées. Dans une famille il y a eu 13 personnes interpellées et 15 millions emportés par les agents de force de l'ordre. Le doyen des juges d'instruction est en train de faire une décantation parce qu'il y a des personnes qui sont arrêtées dans des concessions relevant de la circonscription de Dubréka, d'autres de Coyah, de Dixinn ou de Mafanco, pour voir comment les renvoyer vers les circonscriptions qu'ils relèvent », confie Me Traoré.

Moussa Thiam