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Sous un soleil de plomb, la voiture officielle s’immobilise devant la vieille préfecture de Koundara. Amadou Oury Bah, Premier ministre en tournée de sensibilisation sur le recensement biométrique, descend, l’œil attentif, le pas décidé. Après Sambailo et Sareboïdho, c’est ici, dans cette commune frontalière, que la réalité le rattrape : des bâtiments délabrés, des murs lézardés, des toitures prêtes à s’effondrer.
Face aux autorités locales, le constat est brutal. « Ces édifices datent du premier plan triennal d’après l’indépendance. Depuis, rien ou presque n’a été fait », lâche-t-il, visiblement secoué par l’état des infrastructures. Dans cette région stratégique, aux confins du Sénégal, de la Guinée-Bissau et de la Gambie, l’absence de l’État saute aux yeux.
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Mamou, avril 2025 — Ce vendredi matin, les routes qui traversent le centre de la Guinée sont étrangement silencieuses. Là où d’habitude les camions débordant de sacs de riz, les minibus de passagers et les taxis-brousse klaxonnent dans un vacarme chaotique, ne subsistent que quelques motos errantes et des gendarmes plantés comme des bornes. C’est officiel : du 25 au 27 avril, le pays se met en pause. Pas pour cause de pandémie, ni de crise sécuritaire. Mais pour manifester son « soutien » aux idéaux du président de la transition, le général Mamadi Doumbouya.
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Ce mercredi matin, la Cour d’appel de Conakry est le théâtre d’une audience sous haute tension. Avocats, journalistes et militants se pressent dans une salle bondée pour suivre le procès en appel d’Aliou Bah, leader du parti ModeL, condamné en première instance pour "offense et diffamation contre le chef de l’État".
Un dossier hautement politique qui pose une question cruciale : la justice guinéenne est-elle encore au service du droit ou s'est-elle muée en instrument de répression ?
Un tribunal sous pression
Face à la présidente de la Cour, Hadja Fatou Bangoura, Aliou Bah reste droit dans ses bottes. "Ces charges sont infondées. Mon combat a toujours été celui des idées, dans le cadre de la loi", martèle-t-il d’une voix assurée. Mais pour le pouvoir, la critique a franchi la ligne rouge.
Add a commentHuit mois. Huit longs mois que Foniké Menguè et Billo Bah, figures emblématiques de la société civile guinéenne, se sont volatilisés. Pas une trace, pas une information tangible sur leur sort. Enlevés en plein jour, dans un pays qui se dit état de droit, leur disparition continue d’alimenter les craintes et de crisper la classe politique. Et pourtant, le silence des autorités judiciaires reste assourdissant.
Mardi dernier, lors d'une conférence de presse, le président du parti Citoyens au Service de la République (CSR), Robert Théa, a exprimé son exaspération. L’enquête annoncée par le parquet général de la Cour d’appel de Conakry semble s’être perdue dans les limbes administratives. Aucun résultat, aucun indice, aucune explication. Le plus troublant ? Selon ces mêmes autorités judiciaires, les deux activistes ne se trouvent dans aucune prison officielle du pays.
Un flou qui inquiète et qui divise
Pour Robert Théa, cette situation est tout simplement "extrêmement inquiétante". Il dénonce une opacité qui alimente toutes les théories, y compris les plus sombres. "L'opposition accuse les autorités actuelles d’avoir commandité leur enlèvement.
Add a commentUne fois encore, la politique guinéenne est secouée par une affaire à forte résonance judiciaire. Vendredi 21 mars, le parquet de la CRIEF a lancé une charge lourde : Cellou Dalein Diallo, figure de l’opposition et leader de l’UFDG, serait inculpé dans le dossier de la vente d’un avion d’Air Guinée. Un coup de tonnerre qui, comme à chaque fois, soulève plus d’interrogations qu’il n’apporte de réponses.
Mais à peine l’annonce faite que l’UFDG contre-attaque. "Cellou Dalein n’a reçu aucune inculpation officielle", rectifie d’emblée son conseiller en communication, Souleymane Souza Konaté. Samedi matin, sur RFI, le ton se durcit : jamais son leader n’a été entendu ni par la justice guinéenne ni par une instance internationale. En clair, cette "affaire" relèverait plus de la manœuvre politique que du dossier judiciaire solide.
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