Il y a des larcins qui prêtent à sourire, et d’autres qui interrogent sur les ressorts du destin. Celui d'Abdoulaye Diallo appartient sans doute aux deux catégories. À 25 ans, ce jeune homme domicilié à Nongo Contéyah s’est retrouvé devant le tribunal de Dixinn pour un vol… plutôt insolite. Deux coqs, un réchaud et des chaussures. Un butin modeste, presque dérisoire, mais suffisant pour lui valoir un passage à la barre ce mercredi 26 février.
Face aux juges, l’accusé n’a pas cherché à se défendre. « Je reconnais avoir volé deux coqs, un réchaud et des chaussures », a-t-il admis d’une voix résignée. Une sincérité qui ne l’a pas exempté de la rigueur de la justice. Après délibération, le tribunal l’a condamné à un an de prison avec sursis, assorti d’une amende de 500 000 francs guinéens.
Un verdict qui soulève une question : que pèse réellement la justice face à la précarité ? Derrière ce menu larcin, c’est toute la misère sociale qui s’invite dans l’enceinte du tribunal. Un coq et un réchaud, ce n’est pas le casse du siècle, mais pour certains, c’est une question de survie. Abdoulaye Diallo n’a peut-être pas volé par vice, mais par nécessité. Un vol du ventre creux, un crime du quotidien.
Le jugement est tombé, l’affaire est classée. Mais pendant qu'Abdoulaye Diallo s’acquitte de son amende, les vrais prédateurs de l’économie nationale continuent de prospérer en toute impunité. Deux poids, deux mesures ? Chacun jugera.
Saliou Keita