Conakry, 7 mars 2025 – Dans une salle comble, devant une presse attentive, le groupe d’avocats d’Ibrahima Kassory Fofana est monté au créneau ce vendredi pour dénoncer ce qu’il considère comme une grave injustice. L’ancien Premier ministre, condamné par la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF), serait, selon eux, victime d’une irrégularité judiciaire manifeste.
Face aux micros et caméras, Maître DinahSampil, figure influente du barreau guinéen, n’a pas mâché ses mots. D’un ton ferme, il a mis en cause la procédure qui a conduit à la condamnation de son client.
« Une décision en totale contradiction avec le droit »
Selon Me Sampil, la condamnation de Kassory Fofana repose sur une violation d’un principe fondamental du droit : l’interdiction pour un magistrat de juger une même affaire à deux reprises.
« La décision rendue le 27 février dernier contre mon client est intervenue en violation manifeste de cette règle universelle, qui interdit à un magistrat de statuer plusieurs fois sur la même affaire. Autrement dit, un juge ne peut ni juger, ni rejuger », a-t-il martelé.
Il pointe notamment du doigt le rôle du président Soumah, qui aurait, selon lui, déjà siégé lors d’une précédente audience, le 13 décembre dernier, au cours de laquelle l’évacuation sanitaire de Kassory Fofana avait été autorisée.
Un appel à la justice
L’avocat ne cache pas son indignation : « Il est incompréhensible qu’un même juge revienne sur sa propre décision pour condamner à nouveau la même personne. Cela constitue une violation flagrante d’un principe universel, reconnu dans la plupart des juridictions à travers le monde. »
Cette prise de parole s’inscrit dans une stratégie de défense visant à contester la légitimité de la condamnation. Pour le collectif d’avocats, il ne s’agit pas seulement de défendre un homme, mais de dénoncer un précédent judiciaire inquiétant. Reste à voir si ces arguments seront entendus par les autorités compétentes.
Abdoul Chaolis Diallo