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Quelques mois après son départ de la Commission Electorale Nationale Indépendante (Ceni) à la faveur d’un renouvellement partiel des commissaires, Etienne Soropogui est à la tête d’un mouvement qui n’attend plus que son agrément pour être appelé parti politique. Dans un entretien accordé à notre rédaction , l’ancien commissaire explique ses ambitions, sa vision, son opinion sur le débat qui couve sur l’échiquier politique notamment à propos du projet de révision constitutionnelle et de la révision du fichier électoral.

Interview.

Vous êtes à la tête d’un mouvement appelé « Nos valeurs communes », pourquoi ce mouvement ? Est-ce un futur parti politique ?

La proposition politique et citoyenne que nous faisons au peuple de Guinée se situe dans le cadre du processus de renouvellement des idées, du changement à la fois de paradigme et de logiciel.

La question centrale que nous nous posons est la suivante : Pourquoi et en dépit du potentiel énorme que nous disposons, nous continuons à être l’un des pays les plus misérables au monde ? Évidemment que ce n’est pas une interrogation nouvelle. Tous les Guinéens se sont à un moment donné posé la même question.

Mais nous avons fait le constat que tous ceux, politiques et intellectuels, qui ont tenté d’apporter une réponse à ce que nous appelons le paradoxe guinéen sont partis d’une base de raisonnement qui est fausse. Pour nous, le développement, il est d’abord immatériel.

Le développement est une question d’état d’esprit et de prédisposition mentale collective orientée vers le culte des bonnes pratiques.

Aussi, un peuple qui se développe est celui-là qui est parvenu à assoir un consensus quasi général sur le respect des principes et valeurs de la République

En ayant en partage les mêmes principes et valeurs, vous parviendrez en tant que nation à avoir une même vision. Et avec une même vision, vous construirez une identité commune. Par ce que si un peuple ne parvient pas à construire une identité commune, elle ne peut pas se développer.

De notre point de vu, le rôle justement du leadership est de savoir et pouvoir bâtir ces fondations. Dans le contexte guinéen, un leader qui se glorifie pour avoir construit des hôtels, barrages et routes est un petit leader qui n’a compris son rôle parce que les fondations d’une nation ce n’est pas du béton d’abord.

Oui naturellement, il est prévu que nous migrons vers un parti politique. Nos documents fondateurs ainsi que toute la documentation administrative requise sont avec nos conseils qui devront dans les jours qui suivent procéder au dépôt au MATD.

Vous avez des ambitions pour les législatives et la présidentielle ?

 

Écoutez, pour le moment nous sommes concentrés à bien nous installer en mettant en place nos structures à la fois centrales et locales. Tous cela prend du temps et puis après on verra. Mais pour le moment, la question de notre participation aux futures élections n’est pas à l’ordre du jour.

Que pensez-vous du projet de la révision constitutionnelle ?

C’est un projet dangereux pour la stabilité et la paix dans notre pays. Parce que son but ultime est de permettre au président Alpha d’avoir un mandat à vie. Nous nous pensons que cela est inacceptable. Ce n’est dans l’intérêt ni d’Alpha Condé ni de la Guinée.

Il faut rappeler qu’en dépit du fait qu’Alpha Condé soit un adversaire politique à nous, nous avons beaucoup de respect pour son parcours politique. Il est une grande figure politique de notre continent. Il doit refuser de trahir 40 années de lutte politique en empruntant des raccourcis qui lui conduiront vers une sortie regrettable.

A ce stade-ci, ce sont ces conseils tirés de nos convictions profondes que nous faisons au président de la République.

Quel est votre position par rapport aux divergences autour du choix d’un opérateur pour la révision du fichier électoral ?

En fait il faut savoir que la CENI a déjà procédé au recrutement d’un opérateur international chargé de fournir le logiciel qui est Inovatrix

Le débat qui est posé et qui divise la classe politique est de savoir pour les opérations terrain proprement dites faut-il recruter un autre opérateur international ou opter pour un national. Il y a une troisième voie qui est exprimée et qui consiste à dire pourquoi la CENI elle-même ne conduirait pas ces opérations directement.

Notre position de principe est que la CENI ne doit rien faire qui soit contraire à la volonté unanime de l’ensemble de la classe politique.

Son rôle et sa mission ultime étant d’être en capacité de pouvoir drainer l’ensemble des acteurs majeurs du processus.

Ceci dit, la troisième option qui consiste à dire que la Ceni devra elle-même faire le travail doit être abandonnée.

Nous conseillons dans le cadre du processus de construction de la confiance entre l’organe de gestion et les acteurs de privilégier le choix d’un opérateur d’accompagnement international. Les multinationales ont une certaine réputation à protéger et peuvent en raison des engagements internationaux pris sur les codes éthique et déontologiques être imperméables à la fois aux manipulations et à la pression.

Interview réalisée par Alpha Amadou Diallo