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Annoncés pour rester dans les coins réputés chauds de la capitale, les PA sont toujours visibles dans la commune de Ratoma. Cet état de fait, ajouté à l’interdiction des manifestations, les arrestations en cascade d’opposant, les procès contre des journalistes et l’autorisation récemment faite aux gendarmes de porter des armes à feu, sont entre autres préoccupation des défenseurs des droits de l’homme.  Mamadou Kaly Diallo, activiste des droits de l’homme, membre du collectif des organisations de défense des droits de l’homme contre un nouveau mandat parle d’une situation assez grave.

Interview

Que pensez-vous du débat sur une nouvelle constitution en Guinée?

C’est clair, il y a un débat. Ce qui ne devrait pas être. Dans la mesure où la constitution guinéenne est très claire. Le mandat présidentiel est de cinq ans renouvelable qu’une seule fois. Donc toute personne qui fait une promotion anti-constitutionnelle, en principe, il devrait subir les rigueurs de la loi. D’ailleurs on ne parle plus d’une révision constitutionnelle, ce qui est prévue dans la constitution, on ne parle que d’une nouvelle constitution. Cela suppose qu’il y ait un vide juridique et tel n’est pas le cas. Donc je pense que d’autant plus que l’article 157 vient même en tirant les leçons du passé, parce qu’on ne peut pas occulter que cette constitution actuelle qui rend, à travers son article 154, le nombre et la durée du mandat présidentiel intangibles y compris la forme républicaine de l’État, le pluralisme politique et celle de la laïcité, c’est le fruit d’une longue lutte, avec effusion de sang et beaucoup de sacrifices.

En tirant toutes ces leçons, le législateur a jugé opportun de rendre le nombre et la durée du mandat présidentiel intangibles en Guinée. Donc c’est pour favoriser l’alternance politique, qui favorise la stabilité politique du pays et qui évite les crises perpétuelles, avec toutes ces violations massives et graves des droits de l’homme. Donc le président Alpha Condé devrait organiser une alternance pacifique, favoriser la stabilité et bénéficier des garanties et des privilèges qui seront dus à un ancien chef d’État.

Quelle lecture faîtes-vous de la situation des droits de l’homme en Guinée ?

 Nous constatons de graves et massives violations des droits de l’homme. Depuis le 23 juillet 2018, il y a une interdiction formelle de ce gouvernement à travers le ministère de l’Administration du territoire, de toute forme de manifestation, de protestation, en violation de l’article 10 de la constitution, qui autorise la manifestation et en violation des engagements et de tous les instruments juridiques relatifs à la promotion et à la protection des droits de l’homme.

Malheureusement, il y a du deux poids, deux mesures, parce que quand ce sont des prometteurs du fameux projet de troisième mandat ou de nouvelle constitution, les manifestations sont permises alors que, pour ceux qui sont contre, les manifestations sont formellement interdites.

Il y a une restriction des libertés de réunion, des forces de sécurité sont parties jeter des gaz lacrymogènes, arrêter des jeunes à l’intérieur de la maison des associations. Sur la liberté d’expression, bien qu’il y ait toute une loi organique qui garantit la liberté de la presse, beaucoup de journalistes ont des démêlés judiciaires. Malgré l’existence de l’article 13 qui garantit le droit de propriété, on a assisté au déguisement avec répression à Kaporo-rails et à Dare-es-Salam. Il y a aussi, l’installation des PA.

La présence des militaires dans ces PA viole la loi sur le maintien d’ordre. Malgré que la constitution aille jusqu’à sacraliser la vie humaine en son article 5, il y a une impunité qui favorise l’émergence de ces crimes répétitifs. Depuis quelques années, les manifestations pacifiques, dans leur majorité, ont été émaillées de violences et de pertes en vies humaines. Ce qui est écœurant, c’est l’impunité garantie aux présumés coupables. Il est de la responsabilité de l’État d’ouvrir des enquêtes sérieuses, d’identifier les présumés auteurs, de les traduire devant les tribunaux et de les faire bénéficier de procès justes et équitables afin que les responsabilités soient situées.

On voit tout çà, sans justice rendue, et puis on vote une loi à l’Assemblée Nationale pour dire que la gendarmerie aussi est habilitée à porter les armes. Cela nous préoccupe en matière des droits de l’homme parce que ça n’augure pas un lendemain meilleur en matière de promotion des garanties de l’exercice des libertés fondamentales y compris le droit de manifester qui est un des fers de lance d’une démocratie.

La PJDD envisage de réunir 1000 sifflets au rond-point de Bambeto, le 22 juillet prochain pour protester contre « les maux dont souffrent les guinéens ». Qu’est-ce que cela vous inspire en tant que promoteur de la non-violence ?

En tant que promoteur de la lutte non-violente, nous avons inspiré des acteurs sur le terrain dont la coalition nationale pour la paix en Guinée qui est aujourd’hui présente sur l’ensemble du territoire national. C’est une structure née au lendemain des évènements de janvier-février 2007, qui œuvre dans le cadre du civisme, de la prévention et la gestion des conflits, et dans l’alerte précoce. Ensuite il y a la plateforme des jeunes leaders de l’axe pour la démocratie et le développement (PJDD) que nous avons inspiré depuis 2013 et qui œuvre dans le cadre de la lutte contre la violence. On a réussi à offrir beaucoup de formations à ces jeunes leaders de Hamdallaye jusqu’à kagbelen. On a réussi à initier une sorte de pont entre ces jeunes de l’axe et les forces de l’ordre. Que cette plateforme initie une forme de protestation en innovant à travers un mouvement sifflet, pour dire qu’ils vont siffler contre l’arbitraire, l’injustice…nous nous disons que c’est un résultat dans le cadre de la promotion de la lutte non violente. Parce que siffler est loin de casser. Nous ne pouvons que saluer cette initiative et j’ose espérer que le gouvernement aura une oreille attentive par rapport à cette indignation.

Vous venez de lancer une structure dénommée « le réveil ». Parlez-nous en!

Le réveil est une autre plateforme de la société civile composée de la PJDD, de la coalition nationale pour la paix en Guinée et de Guinée4 pour l’émergence. L’image de marque, la spécificité de cette structure, c’est de promouvoir la culture de l’alternance démocratique et de l’observation de la gouvernance. Nous voulons innover en faisant de la culture de l’alternance démocratique qui favorise la stabilité politique et la garantie de l’émergence.

Auriez-vous un message pour terminer ?

Je termine par cette célèbre citation de feu Koffi Annan qui avait dit, je cite : « Il n’y a pas de développement sans paix, il n’y a pas de paix sans la sécurité. Il n’y a ni paix ni développement, ni sécurité, quand les droits de l’homme sont violés ».

Alors j’interpelle le gouvernement guinéen afin qu’il œuvre pour promouvoir le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Source guinée114.com